LIVRE 7

 

LIVRE 7

 

Le roi : «   - Comment se fait-il, ô brahmane, que Bhagavat lui-même, l’ami affectueux des êtres tous égaux à ses yeux, ait frappé, dans l’intérêt d’Indra, les fils de Diti, comme s’il eût été leur adversaire ? -

 

Nârada : - « C’est parce que l’on ne distingue pas l’Esprit de la nature, que le corps devient un objet de blâme ou de louange, de mépris ou de respect.

 

C’est, ô prince, pour avoir placé leur personnalité dans le corps, que les êtres éprouvent en ce monde et la haine, fruit des châtiments et des reproches, et la partialité, qui leur fait dire :

 - Moi, ceci est à moi ;

Et les êtres vivants souffrent dans ce corps auquel leur personnalité s’attache ;

Comment donc l’Être suprême, âme de toutes choses, qui par sa perfection absolue est étranger à ce sentiment de personnalité, pourrait-il, quand il punit, éprouver de la haine ?

Aussi l’inimitié comme l’absence de haine, la crainte comme le désir, effet de l’affection, sont également des moyens de s’unir à Lui ;

Il n’y fait pas de différence.

Ils sont nombreux ceux qui ayant porté leur pensée sur le Seigneur par un sentiment d’amour ou de haine, de crainte, d’attachement ou de dévotion sincère, ont obtenu purs de ces souillures, le salut qui vient de Lui.

Les bergères s’unirent à Lui par l’amour, Kamsa par la crainte, le roi de Tchêdi et les autres princes par la haine, les Vrichnis par les liens de parenté, toi et les tiens par l’affection ;

Nous, Seigneur Bienheureux, c’est la dévotion qui nous a identifiés avec Lui.

 

Mais Vêna ne partageait les sentiments d’aucune de ces cinq classes d’êtres à l’égard de Purucha ;

Comment donc eût-il pu concentrer son esprit sur Krishna ? »

 

Hiranyakachipou : - « Vichnou, qui est l’Esprit, est le fondement des œuvres des Brâhmanes ;

Il est le sacrifice, l’essence de la Loi ;

Il est l’asile des dêvas, des richis, des pitris, des créatures et du devoir. »

 

Hiranyakachipou : - « Ô ma mère, et toi femme de mon frère, et vous ses enfants, ne pleurez pas ce héros ;

Elle est digne de louange la mort désirée des braves, qui tombent la face tournée contre l’ennemi.

Le séjour des êtres en ce monde, ô femme vertueuse, est comme la rencontre des hommes auprès d’un puits ;

Leur destinée les rassemble, et leurs actions les séparent.

Eternel, immuable, pur, pénétrant partout, omniscient, suprême, l’Esprit revêt une forme extérieure, en créant les qualités à l’aide de sa Mâyâ.

Ainsi, quand le cœur tourne sous l’influence des qualités, l’Esprit, naturellement parfait, semble partager la destinée du cœur, et paraît avoir des attributs, quoiqu’il n’en ait réellement pas.

Ce sont autant de conditions étrangères à l’Esprit, que les attributs qu’on s’imagine de donner à celui qui n’en a pas, que l’éloignement des choses aimées, que la présence de ce que l’on repousse, que la transmigration, fruit des œuvres ;

Que la naissance et la mort, que les chagrins de toute espèce, que l’erreur qui ne distingue pas, que les inquiétudes et que l’oubli de ce que l’on a reconnu distinctement. »

 

Yama : - « Ah ! Qu’elle est grande l’erreur de ces gens ;

Qui bien que plus âgés que moi et connaissant la destinée du monde, pleurent inutilement un homme qui est retourné d’où il était venu, quoiqu’ils sachent que le même sort les attend !

Ah ! Que nous sommes bien plus heureux, nous qui abandonnés en ce monde par nos parents, n’avons pas à les regretter !

 

Si, malgré notre faiblesse, nous n’avons pas été dévorés par les loups ou par d’autres animaux sauvages, c’est que celui-là nous protège, qui nous a protégés dans le sein de notre mère.

Le Seigneur souverain qui, toujours immuable, crée, conserve et détruit l’univers par un acte de Sa volonté, se fait, ô femmes, un jouet du monde mobile et immobile ;

La conservation et la destruction sont l’effet de Sa puissance.

Un objet abandonné sur la route, y reste protégé par le destin ;

Un autre objet conservé à la maison, y périt par Sa puissance :

 - L’indigent vit sous Sa protection dans la forêt ;

L’homme bien gardé dans sa demeure ne peut vivre si le destin le frappe.

 

Les êtres naissent, et avec le temps disparaissent, en vertu des œuvres diverses que leur impose la matrice où ils ont pris naissance ;

Mais quoique l’Esprit réside alors au sein de la nature, Il n’est pas enchaîné par ses qualités, parce qu’il est distinct d’elle.

Ce corps, produit de l’erreur, est reconnu pour la demeure matérielle de l’Esprit, dont Il est distinct ;

L’Esprit est l’asile de toutes les qualités auxquelles Il est supérieur.

 

Il dort, il est vrai, ce Suyadjna, que vous pleurez dans votre ignorance ;

Mais celui qui entendait et vous répondait en lui, jamais vous ne pourriez le voir.

Ce n’est pas lui qui entend ou qui répond, ce grand souffle de vie, quelque important qu’il soit ;

C’est l’Esprit qui dans ce corps reçoit les impressions des sens, et l’Esprit et distinct du souffle vital et du corps.

 

Tant que l’Esprit est uni au corps subtil, le lien des œuvres subsiste ;

De là résulte pour lui la misère et la douleur, fruit de son union avec Mâyâ.

Il est vain cet attachement qui consiste à voir et à proclamer qu’il y a quelque chose de réel dans les qualités ;

Tout ce que donnent les sens est aussi peu réel que les désirs conçus en songe.

Aussi ceux qui en ce monde connaissent ce qui est éternel et ce qui ne l’est pas, ne pleurent pas plus l’un que l’autre ;

Quant à ceux qui pleurent, c’est qu’ils ne peuvent vaincre leur nature. »

 

Hiranyakachipou : - « Celui qui, essentiellement lumineux, manifesta par Sa propre splendeur l’univers qui était enveloppé dans les ténèbres profondes accumulée par le temps à la fin d’un kalpa,

Et qui sous une forme crée, conserve et détruit cet univers ;

Ce Dieu asile de la bonté, de la passion et des ténèbres, ce Dieu grand et suprême, je Lui fais adoration.

Adoration à la cause première, à Celui qui a pour forme la connaissance et la science ;

A Celui qui s’est rendu visible en passant par les transformations diverses du souffle vital, des sens, du cœur et de l’intelligence !

 

Tu gouvernes les êtres mobiles et immobiles à l’aide du souffle vital, qui es le premier des sens ;

Tu es le chef des créatures, de la pensée, de l’esprit, du cœur et des sens ;

Tu es le grand souverain des éléments, de leurs attributs et des impressions qu’ils produisent.

Tu étends les sept cordes des sacrifices à l’aide du triple corps du Vêda et de la science des cérémonies où figurent les quatre officiants ;

Tu es l’âme des êtres doués d’une âme ;

Tu es unique, sans commencement, infini et sans limites ;

Tu es le sage inspiré et l’esprit intérieur.

C’est Toi qui sous la forme du temps, dont l’œil ne se ferme jamais, épuises la vie des mortels que tu mesures par les diverses divisions de la durée ;

Tu es l’Esprit absolu ;

Tu es le Très-haut ;

Tu es grand, incréé ;

Tu es l’Ame et la Vie du monde vivant.

Il n’y a rien au-dessus ni au-dessous de Toi, tant parmi les êtres mobiles que parmi les immobiles :

 - Il n’y a rien de distinct de Toi ;

La science et toutes ses divisions forment Ton corps ;

Tu es Hiranyagarbha, Tu es le grand Brahmâ, Tu es au-delà des trois qualités.

Ce monde apparent, Seigneur, est Ton corps solide, ce corps avec lequel Tu jouis des sens, du souffle vital, du cœur et des qualités, tout en restant au sein de Ta suprême grandeur, Toi qui es l’Esprit insaisissable, l’antique Purucha. »

 

Les gardiens des mondes : - « Adoration, à cette excellente substance où réside l’Esprit, qui est Hari, le souverain Seigneur, et d’où ne reviennent pas, quand ils l’ont une fois atteinte, les hommes calmes et purs, qui ont renoncé à tout ! »

 

Prahrâda : - « Ce que je trouve bien, ô chef des Asuras, pour les êtres dont l’esprit est sans cesse troublé par des opinions vaines, c’est qu’abandonnant le trou obscur de leur maison, qui est une cause de chute, ils se retirent dans la forêt pour se donner à Hari. »

 

Prahrâda : - « Adoration à ce Bhagavat, par la Mâyâ duquel est produite chez les hommes la fausse conviction du toi et du moi, qu’embrassent leur intelligence abusées !

Quand Il est favorable aux hommes, alors leur intelligence grossière occupée de ce qui n’existe pas, et croyant à la distinction du toi et du moi, sait cependant se séparer des opinions communes.

C’est l’Esprit, c’est cet être impénétrable dans ses desseins que les hommes privés d’intelligence se représentent comme le toi et le moi, et dont la marche trouble Brahmâ et les autres chantres du Vêda, c’est Lui, dis-je, qui éloigne de vous mon intelligence.

Comme le fer, ô brahmanes, tourne sous l’influence de l’aimant, ainsi mon intelligence se détache d’elle-même, quand il plaît au Dieu qui porte le Tchakra de s’en approcher. »

 

Prahrâda : - « Entendre et répéter le nom de Vichnou, se le rappeler, servir ce Dieu, l’adorer, l’honorer, se faire son esclave, l’aimer comme un ami, se confier à Lui tout entier,

Témoigner, en un mot, au bienheureux Vichnou la dévotion qu’expriment ces neuf devoirs, telle est, à mon avis, la meilleure leçon que l’on puisse apprendre. »

 

Prahrâda : - « l’idée de penser à Krishna ne vient ni d’eux-mêmes, ni des autres, ni de cette double source, aux esprits des hommes qui livrés aux soins domestiques, sont entraînés par le désordre de leurs sens dans les ténèbres du monde, et qui ne font que se nourrir de ce qui a déjà servi de nourriture à d’autres.

C’est qu’ils ne connaissent pas Vichnou, qui est le salut de celui qui poursuit son véritable but, ces hommes pleins de mauvaise pensées, exclusivement occupés des objets du dehors ;

Semblables à des aveugles que des aveugles conduisent, ils sont attachés à l’immense chaîne du Dieu Brahmâ, maître de l’éloquence

Leur intelligence ne touche pas les pieds du Dieu aux grands pas, dont le culte a pour objet d’affranchir l’homme d’un monde sans réalité, tant qu’elle ne sollicite pas la grâce d’être bénie avec la poussière qui s’échappe des pieds des personnages magnanimes qui ne possèdent rien. »

 

Prahrâda : - « Le sage doit accomplir ici-bas, dès sa jeunesse, les devoirs chers à Bhagavat :

 - C’est une chose rare que la condition humaine ;

Et cette condition même, qui est si profitable, dure peu.

En effet,  c’est en ce monde que l’on peut s’approcher comme il se doit des Pieds de Vichnou qui est Purucha, Vichnou, l’ami affectueux, l’âme et le souverain des êtres.

Dans toutes les conditions, ô Dâityas, c’est l’action spontanée du Destin qui unissant les âmes aux corps, leur apporte, sans qu’elles se donnent de peine, la douleur comme le plaisir des sens.

Il  ne faut pas se fatiguer pour de tels plaisirs, car on ne fait qu’y consumer sa vie ;

Et ce n’est pas ainsi que l’on arrive au lotus des pieds de Mukunda, qui donne le salut.

Aussi le sage tombé dans le monde doit-il diriger tous ses efforts vers le salut, avant que ce corps d’homme, le premier de tous les corps, vienne à lui manquer.

 

Cent ans forment la durée de la vie de l’homme ;

Mais celui qui n’est pas maître de lui-même n’en vit que la moitié, parce qu’il passe les nuits inutilement plongé dans de profondes ténèbres.

Il passe les vingt années de l’enfance et de la jeunesse dans l’ignorance et les plaisirs ;

Et quand la vieillesse a envahi son corps, il en passe vingt autres dans l’impuissance.

Le reste s’écoule sans qu’il s’en aperçoive, pendant qu’occupé dans la maison il est en proie à des désirs qu’il ne peut satisfaire, et au trouble le plus violent.

 

Quel homme attaché à sa maison, esclave de ses sens, pourrait s’affranchir des liens de l’affection qui l’enchaînent si fortement ?

Qui renoncerait à l’amour du gain ?

Du gain que l’homme chérit plus que lui-même, et que le voleur, l’esclave et le marchand achètent au prix de leur vie, ce bien si précieux.

Comment, au souvenir des liens qui l’unissent à une tendre épouse, de ses caresses, de ses douces paroles ;

Comment, enchaîné à ses parents par l’affection, séduit par le babil de ses enfants ;

Comment, enfin, pensant à ses fils, à ses filles chéries, à ses frères, à ses sœurs et à ses père et mère qui souffrent, pourrait-il abandonner sa maison, ses meubles beaux et nombreux, les soins de la famille, ses troupeaux, et ses serviteurs ?

Captif comme le ver à soie, au milieu des actions auxquelles le pousse une insatiable cupidité, n’attachant de prix qu’aux plaisirs que donnent les plus grossiers des sens ;

Comment, dans le trouble infini où il est plongé, pourrait-il se détacher du monde ?

 

Consumant son existence à soutenir sa famille, ses préoccupations l’empêche de voir qu’il va contre le vrai but de l’homme ;

Souffrant partout des trois espèces de douleurs, il ne se détache pas du monde, parce que tous ses désirs sont pour sa maison.

Toujours occupé d’acquérir des richesses, le père de famille, qui sait pourtant les peines réservées dans ce monde ou dans l’autre au ravisseur du bien d’autrui, n’en modère pas plus ses désirs ;

Et incapable de se dompter, il s’empare de ce qui ne lui appartient pas.

Ainsi occupé, quoiqu’il connaisse son erreur, à soutenir sa famille, il n’atteint pas sa véritable destinée, parce que, l’esprit partagé entre les idées du mien et du tien, il tombe dans les ténèbres, comme celui que l’erreur égare.

Si donc l’infortuné ne peut, en aucun temps ni aucun lieu, s’affranchir des femmes, dont les regards inspirent l’amour, parce qu’il est entre leurs mains comme la gazelle docile, dont elles se jouent, et que les fruits de leurs entrailles le retiennent enchaîné,

Interrompez, fils de Diti, tout commerce avec les Dâityas, qui ne songent qu’aux objets extérieurs, et réfugiez-vous auprès de Nârâyana, le premier des Dieux ;

C’est là qu’est la délivrance souhaitée par les hommes libres de tout attachement.

Il n’a pas beaucoup de peines à prendre celui qui veut satisfaire Atchyuta ;

Car ce Dieu est l’âme de tous les êtres, ô fils des Asuras, et Il est ici-bas dans Son entière perfection.

Dans les êtres élevés ou inférieurs, depuis les êtres privés de mouvement jusqu’à Brahmâ, dans les produits des éléments comme dans les éléments primitifs,

Dans les qualités, dans l’état d’égalité ou de différence de ces qualités, il n’y a que l’Esprit suprême, Bhagavat, le Seigneur impérissable.

S’Il est désigné par les noms de sujet ou d’objet, selon qu’il revêt la forme de l’Esprit ramené sur-lui-même, ou celle du monde visible, quoiqu’on ne puisse pas plus le nommer que l’imaginer ;

Si, Seigneur suprême, et n’ayant d’autre forme que la pure béatitude que l’on ressent à le connaître, il laisse Mâyâ voiler Sa grandeur souveraine, c’est l’effet de la création des qualités.

C’est pourquoi renonçant à votre nature d’Asura, témoignez de la compassion et de l’amitié à tous les êtres ;

Car ces sentiments satisfont Adhôkchadja.

 

Et quand le premier être, l’Etre infini, est satisfait, qu’y a-t-il de difficile à obtenir ?

Qu’est-ce que le devoir et les autres biens de ce monde, produit des qualités, qui nous arrivent d’eux-mêmes ?

Qu’est-ce que l’exemption des qualités, objet de tant de désirs, pour nous qui le chantons en recherchant le nectar de Ses pieds ?

 

Les trois objets que l’on nomme devoir, l’intérêt et le plaisir, la triple science, la morale, les punitions et les divers états, en un mot, tous les objets du Vêda, sont la vérité, s’ils portent l’homme à s’unir à l’Esprit suprême, son ami intérieur.

Cette science pure, difficile à saisir, a été exposée à Nârada par Nârâyana, l’ami de Nara ;

Elle appartient aux serviteurs dévoués de Bhagavat, à ceux qui ne possédant rien, couvrent leur corps de la poussière du lotus de Ses pieds.

Et moi, j’ai appris jadis de Nârada qui se montrait comme un Dieu, cette science, unie à la science suprême, des purs devoirs aimés de Bhagavat.

 

Le Richi Nârada : - « La naissance et les cinq autres états de l’existence appartiennent au corps, et non à l’Esprit ;

C’est le temps, cette forme du Seigneur, qui les produit comme les fruits de l’arbre.

L’Esprit est éternel, impérissable, pur, un, immuable, voyant par lui-même, cause, occupant tout, indépendant, illimité ;

Il est l’âme individuelle, et il renferme toutes choses.

 

L’homme qui aura reconnu les douze caractères supérieurs de l’Esprit, rejettera la fausse opinion, née de l’erreur, qui nous fait dire moi et le mien, en parlant du corps et des autres choses.

Tout de même que l’orfèvre sait, à l’aide des moyens qui lui sont familiers, découvrir l’or dans les pierres qui le recèlent, ainsi celui qui connaît l’Esprit suprême, sait, par les moyens qu’il trouve en lui, suivre la trace du Brahman dans les corps où il réside.

Les maîtres du Sâmkhya reconnaissent huit produits de la Nature, trois qualités qui lui appartiennent, et seize transformations qui en résultent ;

L’Esprit est dit unique, parce qu’il associe  l’ensemble de ces éléments.

Le corps, au contraire, est la réunion de tous les produits de la Nature ;

Il y a deux sortes de corps, ceux qui ont le mouvement, et ceux qui ne l’ont pas ;

C’est dans le corps qu’il faut chercher l’Esprit qui se sépare de ce qui n’est pas Lui, en disant :

 - « Cela n’est pas moi. »

C’est en l’y voyant uni et en l’en voyant séparé, c’est par la distinction, c’est avec un cœur qui le désire, et à l’aide des textes relatifs à la création et à la conservation du monde, que Le cherchent les sages qui sont impassibles.

 

L’intelligence a trois états, la veille, le sommeil et le sommeil profond ;

Celui qui éprouve ces trois états est l’Esprit qui est supérieur et témoin.

Il faut reconnaître que la forme de l’Esprit est d’être enveloppée par ces trois états de l’intelligence, produits des qualités et nés de l’action, auxquels Il s’unit ;

C’est comme le vent lorsqu’il est imprégné de parfums.

La révolution du monde dont l’intelligence est la porte, qui enchaîne l’homme par les qualités et les œuvres, et qui a pour origine l’ignorance, passe, quoiqu’elle manque de réalité, pour le sommeil de l’Esprit.

 

Détruisez donc la racine des œuvres, fruit des trois qualités ;

C’est la pratique du Yoga qui arrête le courant dans lequel est entrainée l’intelligence.

Voilà le moyen qu’a indiqué Bhagavat, entre des milliers d’autres qui convenablement pratiqués, inspirent bien vite de l’amour pour ce Dieu qui est le Seigneur.

Ces moyens sont l’obéissance que l’on rend à un maître, la dévotion, la disposition à rapporter à Bhagavat tout ce que l’on acquiert, le commerce des hommes vertueux et dévots, le culte du Seigneur,

La foi, le récit de ses histoires, l’énumération de Ses qualités et de Ses œuvres, la contemplation du lotus de Ses pieds, la vue et le culte de Ses attributs,

Enfin la pensée que Bhagavat qui est Hari, le Seigneur Bienheureux, réside au sein de tous les êtres, pensée bienveillante, avec laquelle l’homme qui se plaît à ces pratiques, doit envisager les créatures.

 

Les hommes qui ont vaincu les six passions, éprouvent pour le Bienheureux Vâsudêva, qui est le Seigneur, une dévotion d’où naît en eux l’amour.

Lorsqu’en apprenant les actions de Dieu, Ses qualités incomparables, Ses hauts faits accomplis sous des formes empruntées, l’homme, transporté de joie, sentant se hérisser ses poils, couler ses larmes et trembler sa parole, danse, chante et crie de toute la force de sa voix ;

Lorsque, semblable à un possédé, il rit et pleure tout à tour, qu’il s’arrête pour réfléchir, qu’il adore le premier venu, que poussant de fréquents soupirs, il dit :

 - « Ô Hari, Seigneur du monde, ô Nârâyana ! » et qu’étranger à toute pudeur, il se croit Hari lui-même ;

Alors affranchi de tous les liens, reproduisant dans ses pensées et dans ses actions l’idée qu’il se fait de son Dieu, consumant ses désirs et la racine de l’ignorance, il se réunit, par l’action de cette dévotion puissante, avec Adhôkchadja.

 

- " Embrasser Adhôkchadja est ici-bas pour l'âme qui n'est pas pure le moyen de briser la roue des renaissances ;

C'est là ce que les sages ont appelé le bonheur de l'anéantissement au sein de Brahman :

Servez donc en vos cœurs le souverain des cœurs. "

 

Quelle fatigue si grande est-ce donc, ô fils des asuras, que de servir Hari qui réside en vos cœurs comme la cavité même qu’ils renferment, et qui est pour toutes les âmes leur âme même et leur ami commun ?

 

A quoi bon rechercher les objets extérieurs ?

 - Richesses, femmes, enfants, troupeaux, maisons, terres, éléphants, trésors, pouvoir, biens, plaisirs, quel bonheur toutes ces choses, passagères comme elles sont, peuvent-elles donner à un mortel dont la vie n’a qu’un instant de durée ?

 

Ils sont périssables aussi ces mondes dont on obtient la possession par les sacrifices, ces mondes qui l’emportent les uns sur les autres, qui ne sont pas purs ;

 - Servez donc le Bienheureux Seigneur, chez qui nul n’a vu ni ouï dire qu’il y eût quelque imperfection, en lui vouant, pour l’obtenir, la dévotion dont je viens de parler.

Toutes les actions que l’homme, qui se croit sage, ne cesse d’accomplir en ce monde pour un certain but, produisent inévitablement des résultats contraires à ses desseins.

C’est en vue du plaisir, et pour échapper à la douleur, que l’homme qui agit forme un projet ;

 - Mais celui qui se reposait dans le bonheur de l’inaction, trouve toujours la peine dans l’action.

Ce corps pour lequel l’homme cherche ici-bas, avec passion, les plaisirs qu’il demande aux objets agréables, ce corps périssable et qui ne lui appartient pas, disparaît comme il est venu.

Et des enfants, une femme, des maisons, des richesses, la royauté, des trésors, des éléphants, des ministres, des serviteurs, des amis, toutes les choses enfin dans lesquelles il met sa personnalité, et qui sont séparées de lui, comment lui appartiendraient-elles davantage ?

 

Que sont donc pour l’Esprit, plongé dans l’océan d’une éternelle béatitude, ces biens futiles, qui périssent avec le corps, et qui malgré leur apparence sont privés de réalité ?

Examinez au contraire, ô asuras, combien est grand ce qui est ici-bas le véritable but de l’homme, que ses œuvres tourmentent dans tous ses états, depuis le moment où il est conçu.

L’Esprit accompli des actions à l’aide du corps qui lui obéit, et par ces actions il donne naissance à un nouveau corps ;

Ce double fait résulte de ce qu’il ne distingue pas.

« Honorez donc, en vous livrant à l’inaction, l’Esprit inactif qui est Hari, le Seigneur Bienheureux, et duquel dépendent la fortune, le plaisir et le devoir. »

Hari en effet est l’âme, le souverain et l’ami de tous les êtres ;

On le nomme la vie des créatures que constituent les grands éléments créés par Lui.

 

Le dêva, l’asura, l’homme, le yakcha, le gandharva, sera heureux comme nous pouvons l’être nous-mêmes, s’il honore les pieds de Mukunda.

Non, fils des asuras, la condition de brâhmanes, celle de dêva, ou de richi, pas plus que la pratique des œuvres, ou une science profonde, ne suffissent pour plaire à Mukunda.

Les aumônes, les austérités, les sacrifices, les purifications, les œuvres pieuses ne Lui plaisent pas autant qu’une dévotion pure ;

Le reste n’est que vain déguisement.

 

Adressez donc, ô Danâvas, votre dévotion au Bienheureux Hari, qui est le souverain et l’âme de tous les êtres, et que l’on retrouve partout dans la ressemblance de toutes les âmes.

Des Dâityas, des yakchas, des rakchas, des femmes, des chudras, des bergers, des méchants, des oiseaux, des animaux même ont obtenu de se réunir à la nature d’Atchyuta.

Oui, le véritable et suprême but de l’homme en ce monde est bien une dévotion exclusive à Govinda, dévotion qui nous le fait voir partout présent. »

 

Prahrâda : - « C’est celui qui n’est pas seulement ma force, mais qui est aussi la tienne, ô roi, et celle des autres créatures douées de force ;

Celle de Brahmâ et des êtres élevés et inférieurs, mobiles et immobiles qui lui sont soumis.

Il est le Seigneur Bienheureux, Il est le temps à la marche rapide ;

Il est l’énergie, la vigueur, l’existence, la force, les sens ;

Souverain des trois qualités, cet Être supérieur crée, conserve et détruit seul l’univers à l’aide de Ses énergies.

Renonce à ta nature d’asura ;

Rends-toi maître de ton cœur ;

Tu n’as pas d’autre ennemi que ton esprit indompté qui a franchi toutes les bornes ;

Oui, l’empire que l’on exerce sur soi-même est le grand moyen d’honorer Ananta.

Il en est qui avant d’avoir vaincu les six brigands ravisseurs que sont les sens, croient avoir triomphé des dix points de l’horizon ;

Mais de quel côté l’homme vertueux, maître de lui, éclairé, qui est le même à l’égard de tous les êtres, pourrait-il redouter des ennemis, puisqu’une erreur seule lui en fait voir ? »

 

Brahmâ : - « Je m’incline devant l’Être infini, dont les énergies sont immenses, les forces variées et les actions pleines de pureté ;

Qui accomplit en se jouant, à l’aide des qualités, la création, la conservation et la destruction de l’univers ;

Devant Celui qui est l’Esprit immuable. »

 

Prahrâda : - « Brahmâ, les autres dieux et moi-même, Seigneur Bienheureux, qui ne tremble pas, nous sommes tous faits pour exécuter Tes ordres, ô Toi dont le séjour est la bonté ;

Oui, c’est pour le salut, pour la prospérité du monde et pour son propre plaisir que Bhagavat paraît en se jouant sous de belles transformations.

Réprime donc Ta colère ;

Tu as tué aujourd’hui l’asura.

Est-ce que l’homme de bien ne peut pas se réjouir de la mort d’un scorpion ou d’un serpent ?

Tous les mondes désormais heureux reviennent à la paix ;

Les hommes, ô Nrîsimha, n’ont qu’à se rappeler Ta forme pour vivre exempt de crainte.

 

Je ne redoute, ô Dieu invincible, ni Ta langue ni Ton visage effrayant,

ni Tes yeux semblables au soleil,

ni Tes sourcils agités par la fureur,

ni Tes dents terribles,

ni cette guirlande faite des entrailles de Ton ennemi,

ni Ta crinière dégoutante de sang,

ni Tes oreilles raides comme des conques,

ni Ton rugissement qui effraye les éléphants du monde,

ni Tes ongles qui déchirent Ton ennemi.

 

Mais je redoute, ô Toi qui es l’ami des malheureux, les souffrances terribles, insupportables, auxquelles la Roue de la transmigration condamne l’homme jeté au milieu d’ennemis dévorants et enchaînés par ses œuvres.

Quand donc, Dieu aimable, seras-tu assez satisfait de moi pour m’appeler auprès du lotus de Tes pieds, cet asile de la délivrance ?

 

Puisque consumé, dans chacune de mes existences, par le feu de la douleur que cause et la rencontre de ceux que l’on n’aime pas, et la perte de ceux que l’on aime, double effet de la naissance ;

Puisque la guérison de ces maux est encore un mal, et que j’erre troublé par une fausse croyance à ce qui n’est pas, enseigne-moi, Dieu puissant le moyen de Te servir.

 

Pour moi, ô Nrîsimha, recherchant les sages dont Tes pieds sont l’asile, c’est en répétant l’histoire de Tes jeux chantés par Virîntchya, des jeux de la Divinité suprême, de mon ami le plus cher, qu’affranchi des qualités, j’échapperai sûrement à tous les maux.

Ce n’est pas un refuge pour un enfant qu’un père et une mère, pas plus qu’un médicament pour un malade, ou un bateau pour celui qui se noie dans la mer ;

De même les remèdes que l’homme souffrant en ce monde recherche avec tant d’empressement, n’en sont pas, Seigneur, pour ceux que Tu dédaignes.

En quelque lieu, par quelque motif, en quelque temps,

par quelque moyen, pour quelque être, pour quelque cause,

dans quelque intérêt,

de quelque manière qu’un agent quelconque inférieur ou supérieur, doué d’individualité et poussé à l’action, fasse ou transforme une chose, il n’y a rien là qui ne soit Ta propre nature.

C’est Mâyâ, dont les qualités sont excitées à l’action par le Temps, qui avec l’assentiment de l’Esprit créé le cœur, cet agent énergique que constitue l’action ;

Qui donc, si ce n’est Toi, ô Dieu incréé, pourrait échapper à la Roue du monde dont l’ignorance a formé les seize rayons, et que règle le Vêda ?

 

Ô Toi qui es le temps, Toi qui triomphes incessamment par Ta propre splendeur des qualités dont Tu disposes, et qui gouverne en maître les énergies des causes et des effets, retire à Toi, Seigneur, un malheureux jeté par l’ignorance sous la Roue aux seize rayons qui l’écrase.

J’ai vu dans le ciel, ô Seigneur Bienheureux, la vie, la prospérité, la puissance de tous les gardiens des mondes, j’ai vu ces biens que l’homme désire ;

Mon père n’a eu qu’à froncer les sourcils avec le rire de la colère pour anéantie ces êtres heureux ;

Et maintenant le voilà qui viens de mourir de Ta main !

Aussi ne désiré-je pas ce que souhaitent les hommes, la vie, la prospérité, la puissance, le bonheur des sens, pas même l’existence de Brahmâ ;

Je connais ces biens qu’anéantit Ton pouvoir irrésistible dont le Temps est la forme ;

Conduis-moi seulement auprès de Tes serviteurs dévoués.

 

Que sont ces biens qui ressemblent à un son flatteur pour l’oreille, qui ressemblent à un mirage ?

Qu’est-ce que ce corps, siège de tous les maux ?

 - Et cependant l’homme même qui le connaît ne s’en détache pas, et il cherche à calmer le feu du désir par quelques gouttes de miel du bonheur si difficile à rencontrer.

 

Que suis-je, Seigneur Bienheureux, moi qui suis né dans cette famille ennemie des suras, dans une famille qui doit son origine à la passion, et où les ténèbres dominent ?

Et qu’est-ce que Ta miséricorde pour que Tu aies posé sur ma tête, et non sur celle de Brahmâ, de Bhava ou de Ramâ, Ta main semblable au lotus, qui porte le calme avec elle ?

 

C’est que Tu ne peux, comme un homme ordinaire, croire à l’existence d’êtres supérieurs ou inférieurs les uns aux autres, parce que Tu es l’âme et l’ami de l’univers entier ;

Toutefois, semblable à l’arbre des dieux, Tu accordes Ta faveur à qui Te rend un culte ;

La grandeur des êtres est en proportion de ce culte, il n’y a là ni supériorité ni infériorité de nature.

 

Si lorsque vivant auprès d’un être passionné pour les plaisirs, et précipité à sa suite dans l’abîme de l’existence qui est semblable à un trou plein de serpents, j’ai été l’objet de la faveur du rîchi des dieux qui m’avait recueilli, comment pourrais-je ô Bhagavat, renoncer au culte de Tes serviteurs ?

Oui, Ananta, c’est uniquement pour justifier la parole du rîchi Ton serviteur, que Tu m’as sauvé la vie et que Tu as donné la mort à mon père, lorsque saisissant son poignard pour commettre un crime, il s’écriait :

 - « Qu’il te protège ton Seigneur, s’il en existe un autre que moi ;

Moi, je te tranche la tête ».

 

Toi seul Tu es cet univers ;

Et quand il naît, quand il finit et pendant qu’il dure, Tu t’en distingues toujours également ;

Car c’est après avoir créé à l’aide de Ta Mâyâ ce monde qui est la transformation des qualités, et en avoir pénétré la substance, que Tu passes pour recevoir de ces qualités des rôles divers.

Tu es certainement cet univers avec ses effets et ses causes ;

Mais Tu en restes distinct, ô Seigneur Bienheureux ;

Aussi est-ce une illusion vaine que l’opinion qui nous fait dire :

 - « Moi et cet autre ! ».

La naissance, la destruction, l’existence et l’apparition d’un être quelconque sont la même chose ;

C’est ainsi que le noyau et l’arbre ont également la terre pour substance.

 

Après avoir ramené l’univers en Toi-même, Tu reposes inactif au sein de Ta propre béatitude, couché au milieu des eaux qui submergent le monde ;

Les yeux fermés par le Yôga, T’anéantissant en Toi-même jusqu’au sommeil, parvenu au plus haut degré de calme, Tu es également affranchi des Ténèbres et des qualités.

 

Cet univers qui était caché dans Ton sein, devint Ton corps, lorsqu’excitant les attributs de la Nature par l’énergie du temps qui T’appartient, Tu interrompis la méditation à laquelle Tu Te livrais sur la couche d’Ananta, au milieu des eaux, pour produire de Ton nombril un grand lotus, qui en sortit comme le figuier de son germe.

Né de ce lotus, Kavi (Brahmâ) qui ne voyait rien autre chose, plongea pendant cent années sans pouvoir découvrir que Tu en étais la racine, parce qu’il cherchait cette racine hors de lui-même et qu’elle y était enfermée ;

Quand la tige est une fois poussée, comment pourrait-on découvrir le germe ?

Frappé d’étonnement, le Dieu né de lui-même remonta sur son lotus, et purifiant sa nature par une longue et rude pénitence, il Te vit, dans son propre corps que constituaient les éléments, les sens et le cœur, sous une forme aussi subtile que l’odeur que l’on découvre dans la terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

-" Vishnou, qui est l'Esprit, est le fondement des œuvres des Brahmanes ;

Il est le sacrifice, l'essence de la loi ;

Il est l'asile des devas, des rishis, des pitris, des créatures et du devoir. "

 

Adoration à la cause première !

 

Adoration a ce Bhagavat, le plus libéral des êtres !

 

- "Adoration à cette excellente substance où réside l'Esprit, qui est Hari, le souverain Seigneur, et d'où ne reviennent pas, quand ils l'ont une fois atteinte, les hommes calmes et purs, qui ont renoncé a tout. "

 

- "  C'est pourquoi renonçant à votre nature d'asura, témoignez de la compassion et de l'amitié à tous les êtres ;

Car ces sentiments satisfont Adhokchadja. "

 

 - " Détruisez donc la racine des œuvres, fruit des trois qualités ;

C'est la pratique du Yoga qui arrête le courant dans lequel est entraîné l'intelligence. "

 

 - " O Hari, Seigneur du monde, o Narayana !"

 

 - " Embrasser Adhokchadja est ici-bas pour l'âme qui n'est pas pure le moyen de briser la roue des renaissances ;

C'est là ce que les sages ont appelé le bonheur de l'anéantissement au sein des Brahman :

Servez donc en vos coeurs le souverain des cœurs. "

 

 - " Honorez donc, en vous livrant à l'inaction, l'Esprit inactif qui est Hari, le Bienheureux Seigneur, et duquel dépendent la fortune, le plaisir et le devoir. "

 

 - " Oui, le véritable et suprême but de l'homme en ce monde est bien une dévotion exclusive à Govinda,  dévotion qui nous le fair voir partout ! "

 

 - Tu es l'ami des malheureux, o Dieu invincible.

O Nrisimha, Dieu puissant.                                              

Tu es le temps, o Dieu incréé.

Toi seul est cet univers, o Bienheureux.

Tu es le Dieu des trois Yugas;

Seigneur du Vaikuntha, o Achyuta,Toi qui fait traverser ce fleuve.

 

 - " Si tu veux, Seigneur, prince des êtres généreux, m'accorder tes faveurs désirées, celle que je souhaite, c'est que le désir ne puisse pas naitre en mon cœur. "

 

 - " Tant que l'Esprit souverain met sa personnalité dans ce corps qui n'est qu'une apparence vaine, la croyance en la dualité dure toujours, et de cette croyance naît pour lui le malheur."

 

 - " Qu'il reconnaisse dans le feu, dans son précepteur,  en lui-même, dans tous les êtres, Adhokchadja qui paraît y résider, quoiqu'il en soit distinct, avec les éléments qui le contiennent. "

 

 - " Que soustrait à la dualité, et ne trouvant plus en lui qu'une intelligence pure qu'il reconnaît comme inaltérable, il s'éteigne, semblable à un feu qui n'a plus d'aliments. "

 

 - Est-ce Lui, ou n'est-ce pas Lui ?

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