BHAGAVATA-PURANA, LIVRE 1
BHAGAVATA-PURANA,
………….. LIVRE 1
(Trad. Bhaktivedanta
Prabhupada)
- « Om namo Bhagavate Vâsudêvaya ! »
- « J’offre mon hommage à Srî Krisna, le
fils de Vâsudêva, qui est Dieu, l’omniprésente Personne suprême.
Je médite sur Lui,
Réalité sublime,
Cause première de
toutes les causes, et de qui émanent les univers manifestés, en qui ils
reposent, et par qui ils sont anéantis.
Je médite sur Lui,
Seigneur au rayonnement éternel,
qui a directement
mais aussi indirectement conscience de toutes les manifestations, et pourtant
se situe au-delà de toutes.
C’est lui, et nul
autre, qui à l’origine enseigna le savoir védique au premier être créé, Brahmâ,
en son cœur.
Par Lui, ce monde,
qui est un simple mirage, prend une
apparence tangible, même pour les grands sages et les dêvas.
Par Lui, les univers
matériels, produits illusoires des trois influences matérielles, semblent
l’image même de la réalité.
Sur Lui donc je
médite, sur Lui qui est la Vérité absolue, vivant éternellement en son royaume
spirituel, à jamais libre de l’illusion. »
Srila Sûta
Gosvâmi : - « J’offre mon hommage
respectueux au grand sage Sukadêva Gosvâmi, lui qui peut entrer dans le cœur de
Chacun.
Lorsque sans avoir
reçu le fil sacré ou s’être plié aux cérémonies d’usage il quitta le foyer familial
pour embrasser l’ordre du renoncement,
son père, Vyâsadêva,
redoutant la séparation, s’écria :
- « O mon
Mon grand-père ! ».
Mais les arbres seuls
répondirent à sa plainte.
Je lui offre mon
hommage répété, lui le maître spirituel de tous les sages, le fils de
Vyâsadêva, qui,
dans son infinie
compassion pour les bas matérialistes luttant afin de s’arracher aux plus
profondes ténèbres de l’existence matérielle,
A prononcé CE
merveilleux Purâna, ce complément des Vêdas – don’t il forme la crème –
avoir l’avoir
lui-même assimilé par l’expérience.
Avant d’exposer ce Srîmad-Bhâgavatam,
arme de notre conquête,
je dois offrir mon
hommage respectueux au Seigneur suprême, Nârâyana,
à Nara-Nârâyana
Rîchi, le plus parfait des humains,
à notre mère
Sarasvati, la déesse du savoir,
et à Srila Vyâsadêva,
qui en est l’auteur. »
Srîla Sûta
Gosvâmi : - « L’occupation suprême pour
l’homme est celle qui le conduit à servir l’Absolu Seigneur avec amour et
Dévotion.
Et quant à ce service
de dévotion, il doit, pour combler l’âme, se faire ininterrompu et immotivé.
Qui sert le Seigneur
suprême, Sri Krishna, avec amour et dévotion, acquiert aussitôt, par grâce, le
savoir et le détachement. »
Srîla Sûta
Gosvâmi : - « Les occupations, les
devoirs, de l’homme, accomplis par chacun selon sa position,
sont autant d’efforts
inutiles s’ils ne suscitent en lui un attrait pour le message du Seigneur
suprême.
Toute occupation de
l’homme doit avoir pour but ultime la libération, aucune ne doit être accomplie
en vue de quelque bienfait matériel.
D’autre part, celui
qui emprunte la voie de l’occupation ultime, du service suprême,
ne doit jamais
utiliser pour la satisfaction des sens les bienfaits matériels qui ‘s’offrent à
lui.
Voilà ce qu’affirment
les grands sages.
Notre désir ne doit
pas être de vivre pour la satisfaction des sens, mais uniquement de mener une
vie saine, accordée à la forme humaine, laquelle doit conduire à rechercher la
vérité absolue.
Les doctes et sages
spiritualistes qui connaissent la Vérité absolue nomment cette substance
unique, au-delà de toute dualité,
du nom de Brahman,
Paramâtmâ ou Bhagavân.
Seul réalise la
Vérité absolue le sage disciple qui S’en enquiert avec sérieux et qui, par la
pratique du service de dévotion et l’écoute du Vedânta-sruti, s’arme du savoir
et du détachement.
Ainsi a-t-il été conclu,
ô le meilleur des deux fois nés,
que la plus haute
perfection que l’on puisse atteindre en s’acquittant de ses devoirs dans
l’institution du Varnâsrama et de satisfaire le Seigneur, Srî Hari.
Armé du souvenir du
bienheureux Seigneur, l’homme d’intelligence peut trancher l’entrelacs de nœuds
créés par les actions matérielles et leurs suites.
- Qui donc ne tendrait pas l’oreille à Son
message ?
O sages deux fois
nés, grand est le geste de qui se dévoue pour les bhaktas parfaitement
affranchis de toute impureté.
Les servant, il
obtient de développer le goût d’entendre le message de Vâsudêva.
Srî Krishna, le
Seigneur suprême,
qui se tient dans le
cœur de chaque être sous la forme du Paramâtmâ et qui veille au bien de Son loyal dévot,
purifie de tout désir
matériel le cœur où s’est développé un vif désir d’entendre Son message,
lequel abonde en
vertu lorsqu’il est transmis et reçu comme il convient.
Par l’écoute suivie
du Srîmad-Bhâgavatam,
comme par le service
assidu offert aux purs dévots du Seigneur,
tout ce qui trouble
le cœur du bhakta devient pratiquement néant,
et le service d’amour
offert au Seigneur suprême, que l’on glorifie par des hymnes sublimes, s’y
établit alors, irrévocable.
Aussitôt qu’en le
cœur s’établit fermement le service de dévotion, les influences de la Passion
et de l’Ignorance,
comme la
concupiscence et l’avidité, s’y effacent.
Le bhakta se fixe
alors dans la vertu et trouve le parfait bonheur.
Ainsi établit dans la
vertu, l’être vivifié par la pratique du service de dévotion parvient à la
libération,
brise tout lien avec
la matière, et accède alors d’une manière tangible à la science du Seigneur
suprême.
Le nœud du cœur est
alors tranché, et tous les doutes réduits à néant.
Et quand l’être
perçoit que l’âme domine dans le corps, les chaînes du karma également se
brisent
Ainsi, tous les
spiritualistes, de temps immémorial, servent le seigneur suprême, Srî Krishna,
avec grande félicité,
car ce service de
dévotion a pour effet de vivifie l’âme.
Le Seigneur suprême
touche indirectement aux trois influences de la nature matérielle, et, pour les
seuls besoins de la création, du maintien et de la destruction des univers
matériels,
Il emprunte les trois
formes qualitatives de Brahmâ, Vishnou et Shiva.
De ces trois
manifestations, C’est Vishnou, lié à la vertu, qui peut conférer aux êtres le
plus haut bienfait. »
Srila Sûta
Gosvâmi : - « Srî Krishna, le Seigneur
suprême, constitue l’Objet ultime du savoir révélé par les écritures ;
Les sacrifices n’ont
d’autre but que de Lui plaire, la pratique du Yôga vise uniquement à Le
réaliser,
et c’est Lui seul
qui, en dernier recours, attribue les fruits de toute action intéressée.
Il est le savoir
suprême, et les dures ascèses n’ont d’autre fin que de le connaître ;
La religion consiste
à Le servir avec amour et dévotion.
Il représente le But
final de l’existence.
A l’aube de la
création matérielle, le Seigneur suprême, depuis Sa position spirituelle et
absolue, conçut les énergies de cause et d’effet par Sa propre puissance
interne.
Après la création,
par Lui, de la substance matérielle, le Seigneur y pénétra en Se déployant.
Mais bien qu’IL
semble impliqué dans les mouvements de l’univers, où Il apparaît comme un
simple être créé, Il demeure toujours parfaitement éclairé,
et maintient toujours
Sa position spirituelle et absolue.
Le Seigneur, en tant
qu’âme suprême, pénètre toutes choses, comme le feu pénètre le bois, et il
semble ainsi assumer diverses natures,
mais demeure l’Être
absolu, et Unique.
L’Âme suprême entre
dans le corps des êtres créés, qu’influencent les gunas, et fait en sorte
qu’ils tirent jouissance, à travers le mental subtil, des fruits que portent
ces influences matérielles.
Le Seigneur des
univers soutient toutes les planètes, que peuples les dêvas, les hommes et les
espèces inférieures,
et s’Il apparaît dans
les mondes sous diverses formes d’avatâras, y montrant Ses divertissements,
c’est à seule fin de
rappeler à Lui tous ceux que gouverne la pure vertu. »
Srila Sûta
Gosvâmi : - « Au début de la création, le
Seigneur s’est d’abord déployé sous la forme universelle du Purucha, avec tous
les éléments nécessaires à la manifestation matérielle.
Ainsi furent conçus,
dès l’origine, les seize éléments à la base de l’activité matérielle.
Une émanation
plénière de ce Purucha S’allonge dans les eaux de l’univers,
et du lac ombilical
de Son corps pousse une fleur de lotus sur laquelle apparaît Brahmâ, le maître
de tous les architectes de l’univers.
On conçoit que tous
les systèmes planétaires de l’univers reposent sur le vaste corps du Purucha.
Lui-même, cependant,
n’entre jamais en contact avec les éléments matériels créés ;
Eternellement, Son
corps existe au niveau spirituel par excellence. »
Srila Sûta
Gosvâmi : - « O brâhmanes, les
innombrables manifestations du Seigneur, cet Océan de vertu,
sont comme des ruisseaux sans nombre coulant
de sources intarissables.
Tous les rîchis,
Manus, dêvas et descendants de Manu, qui possèdent une puissance remarquable,
de même que les Pradjâpatis,
sont tous des
émanations plénières ou des émanations d’émanations plénières du Seigneur.
Tous ces avatars sont
ou bien des émanations plénières du Seigneur, ou bien des émanations de ces
émanations plénières,
mais Srî Krishna est
Lui-même Dieu, le Seigneur suprême dans
Sa forme primordiale.
Chaque fois qu’en
quelque endroit de l’univers les asuras sèment le désordre, le Seigneur bienheureux
apparaît pour protéger Ses dévots.
Quiconque matin et
soir chante avec attention,
et dans un esprit de
dévotion, les mystérieuses Apparitions du Seigneur, se voit affranchir de tous
les maux de l’existence.
L’image de la forme
universelle du seigneur, telle qu’elle apparaît en ce monde, n’est
qu’imaginaire ;
Elle a pour seul but
de permettre aux spiritualistes néophytes, ou d’intelligence moindre, de se
faire à l’idée que le Seigneur possède une forme.
Car, en vérité, le
Seigneur n’a pas de forme matérielle.
Parce qu’ils voient
des nuages dans le ciel, et dans l’air de la poussière, les êtres de peu
d’intelligence croient le ciel nébuleux, et l’air pollué.
De même, à l’âme
spirituelle ils prêtent une forme matérielle.
Et par-delà ce
concept grossier de la forme des êtres, il s’en trouve un autre, subtil :
- Le concept d’une forme indéfinie, invisible,
inaudible et non manifestée.
Mis c’est au-delà
encore de cet état subtil que se situe la forme réelle des êtres, sinon comment
pourraient-ils naître et renaître, encore et encore ?
Dès que l’être, par
la réalisation de son identité spirituelle, prend conscience de ce que ses
enveloppes corporelles, grossières et subtiles, n’ont rien de comment avec son
Moi véritable,
il se connaît, se
voit, et, du même coup, voit le Seigneur.
Or, quand l’énergie
illusoire se retire et que l’être, par la grâce du Seigneur, s’enrichit de la
pleine connaissance,
la lumière de la
réalisation spirituelle jaillit en lui et il s’établit dans la gloire de son
Moi véritable.
Ainsi les sages
dépeignent-ils les Avènements et les Actes du Non-né, du Non-agissant, que même
les Ecritures védiques ne donnent pas de connaître.
Le Seigneur
omnipotent, aux actions toujours sans tache, Maître des six sens, possède
pleinement les six excellences.
Il crée, maintient et
détruit les univers manifestés sans en être affecté si peu que ce soit, et Se
tient également en chaque être.
Il reste toujours
indépendant.
Les sots au piètre
savoir ne peuvent percer la nature absolue des Formes, Noms et Activités du
Seigneur,
Lui qui évolue comme
un acteur sur une scène ;
Et ils ne peuvent non
plus les exprimer en leurs hypothèses, leurs discours ou leurs écrits.
L’être qui sans
réserve, sans interruption et de façon opportune sert les Pieds
pareils-au-lotus de Srî Krishna – Lui dont la main brandit une roue de char –
peut seul Le connaître,
Créateur de
l’univers, dans toute Sa gloire, Sa puissance et Sa grandeur absolue.
Ce n’est, en ce
monde, qu’en s’enquérant de la sorte que s’obtiennent réussite et parfaite
connaissance,
car de telles
questions suscitent l’amour extatique et sublime du Seigneur suprême, Souverain
de tous les univers,
et préservent sans
défaut contre la répétition infernale des morts et des renaissances. »
Srila Sûta
Gosvâmi : - « Ce Srîmad-Bhâgavatam,
compilé par l’avatarâ Vyâsadêva, est la manifestation littéraire de Dieu.
Source intarissable
d’heureuse fortune, de félicité et de perfection, il vise au bien ultime de
tous les êtres.
Srî Vyâsadêva l’a
transmis à son fils, le plus respecté parmi les êtres réalisés,
après avoir extrait,
pour l’y inclure, la crème de toutes les écritures védiques et de tous les
récits historiques de l’univers.
A son tour, Sukadêva
Gosvâmi, le fils de Vyâsadêva, transmit le Srîmad-Bhâgavatam au grand empereur
Parîkshit, qui,
assis sur la rive du
Gange, attendait, entouré de grands sages, et sans rien manger ni boire, que
vienne la mort.
Ce Bhâgavata-Purâna,
comme un soleil radieux, s’est levé dès après le départ de Srî Krishna, suivi
de la religion et du savoir, pour Son royaume absolu.
Il offre la lumière à
tous ceux dont les ténèbres de l’âge de Kali ont obscurci la vision. »
Sûta Gosvâmi :
- «Au temps où le second Yuga chevauchait le troisième, apparut le grand sage
Vyâsadêva, né de Parâsara et de Sayavati, la fille de Vasu. »
Vyâsadêva :
- « J’ai en suivant une discipline sévère, respecté sans prétention le
culte des Vêdas, des maîtres spirituels et de l’autel du sacrifice.
J’ai également
observé les règles de la tradition
et montré
l’importance de la succession disciplique à travers les enseignements du
Mahâbhârata,
par quoi même les
femmes, les sûdras et d’autres peuvent percevoir le sentier de la spiritualité.
Bien que je
satisfasse à toutes les exigences des Vêdas, je sens encore en moi un vide.
Peut-être n’ai-je pas
suffisamment insisté sur la pratique du service de dévotion, si cher aux êtres
accomplis comme au Seigneur infaillible. »
Srî Nârada :
- « Tu n’as pas vraiment exposé les gloires sublimes et sans tache du
Seigneur Suprême.
Or, toute philosophie
qui n’apporte pas de satisfaction au sens spirituels et absolus du Seigneur
doit être considérée comme sans valeur.
O grand sage, tu as
élaboré de la façon la plus vaste les quatre principes fondés sur les actes de
piété,
mais tu n’as pas
donné autant d’importance à la description des gloires de la Personne suprême,
Vâsudêva.
Les mots qui point ne
dépeignent les Gloires du Seigneur, lesquelles suffissent à rendre pure
l’atmosphère des trois mondes,
pour les saints
hommes ne valent guère plus que pèlerinage aux corbeaux.
Les êtres
parfaitement accomplis, parce qu’ils habitent le monde spirituel, n’y trouvent
aucun plaisir.
D’autre part, les
ouvrages où l’on trouve abondamment décrites les gloires absolues du Nom,
de la Forme et des
divertissements du Seigneur suprême et infini, sont d’inspiration purement
spirituelle,
et les mots sublimes
qui en remplissent les pages ont vocation de révolutionner les habitudes impies
des cultures égarées de ce monde.
Même si la lettre de
ces écrits comporte des irrégularités,
ils demeurent
écoutés, chantés et accueillis par tous les hommes purs qu’anime une profonde
intégrité.
Même dénué de tout
rapport avec la matière, le savoir spirituel n’offre pas grand intérêt s’il ne
s’accompagne d’un certain entendement du Seigneur infaillible.
Quelle peut être, dès
lors, la valeur des actions intéressées, par nature transitoires et toujours
sources de douleur,
si elles ne sont
converties au service du Seigneur bienheureux ?
O Vyâsadêva, parfaite
est ta vision, sans tache ton renon.
Etabli dans tes vœux
spirituels, imbu de véracité, tu peux t’absorber en samâdhi dans l’évocation
des Divertissements du Seigneur,
et par là libérer les
hommes de l’asservissement à la matière.
Tout ce que tu as pu
vouloir énoncer qui ne soit pas directement lié à la vision du Seigneur aura
pour seul effet,
sous mains noms et
maintes formes,
de troubler le mental
des hommes,
ainsi le vent qui
emporte une embarcation sans attache. »
- « Chantons tous les gloires du Seigneur
suprême, Vâsudêva, et de Ses émanations plénières, Pradyumna, Aniruddha, et
Sankarshana.
Offrons-leur notre
hommage respectueux !
Qui adore, sous la
Forme de Sa manifestation sonore spirituelle, le Seigneur suprême, Srî Vishnou,
Lui sans forme
matérielle, celui-là en vérité voit. »
Arjuna :
- « Ô Srî Krishna, mon Seigneur, Tu es Dieu, la Personne suprême et
Toute-puissante, dont les multiples énergies ne connaissent point de limite.
Toi seul, donc, peux, du cœur de Tes dévots, chasser
toute crainte.
En Toi seul les êtres
prisonniers du brasier de l’existence matérielle peuvent trouver la voie de la
libération.
Tu es Dieu l’Être
divin dans sa forme originelle, déployé à travers toutes les créations, Toi le
Suprême situé au-delà de l’énergie matérielle,
dont, de Ta puissance
interne et toute spirituelle, Tu as repoussé les effets.
Sans fin, Tu baigne
dans l’éternité de la connaissance et de la félicité absolue.
Au-delà de toute
influence matérielle, Tu ne t’en plies pas moins aux quatre principes de la
religion.
Montrant ainsi la
voie de la libération, tu Sers le bien ultime de toutes les âmes conditionnées.
Tu apparais en ce
monde en tant qu’avatâra pour en supprimer le fardeau et bénir les Tiens,
particulièrement Tes
dévots, qui se vouent tout entiers à Ta personne, heureux d’être pleinement
absorbés en méditation sur Toi. »
Srîmati Kunti :
- « Ô Krishna, Tu es l’être suprême en Sa forme primordiale, et Tu vis
au-delà des influences de la matière.
Bien que Tu vives en
chaque être et aussi hors de chaque être, tous ne Te voient pas.
Je t’offre mon respectueux
hommage.
Sis au-delà de toute
perception des sens, Toi l’Eternellement irréprochable, que cache le voile de
l’énergie d’illusion,
Tu demeures
imperceptible à l’œil du sot, tel l’acteur qu’a rendu méconnaissable son
costume.
En Personne, Tu
descends en ce monde, pour implanter la science spirituelle et absolue du
service de dévotion dans le cœur des spiritualistes élevés ainsi
que des penseurs
purifiés par le pouvoir de distinguer le spirituel du matériel.
Mais comment nous,
femmes, pouvons-nous Te connaître à la perfection ?
O Seigneur, devenu
fils de Vâsudêva, joie de Devaki,
enfant de Nanda et
des autres pâtres de Vrindâvana,
Source de plaisir
pour les vaches et les sens de tous les êtres,
Je t’offre mon
hommage respectueux.
A Toi mon hommage
respectueux, ô Seigneur bienheureux, dont le ventre s’orne d’une dépression en
forme de lotus,
que toujours pare une
guirlande de lotus,
dont le regard à la
fraîcheur du lotus et dont la plante des pieds est gravée de lotus.
A Toi, mon hommage,
encore et encore. »
Srîmati Kunti :
- « Ô Seigneur de l’univers, ô Âme de l’univers, ô Forme personnelle de
l’univers, tranche, je T’en prie,
les liens puissants
de mon affection pour mes proches, les Pândavas et les Vrishnis.
Ô Seigneur de Madhu,
que toujours mon attention se porte vers Toi, et sur nul autre,
comme le Ganga sans
entrave coule d’un flot continu vers l’océan.
Ô Krishna, ami
d’Arjuna, Souverain parmi les descendant de Vrishni, toutes les dynasties
rebelles qui troublent la terre, Tu les détruis ;
Jamais, cependant, ne
s’affaiblissent Tes puissances.
Maître du royaume
spirituel, Tu descends en ce monde pour soulager de leurs souffrances les
vaches, les brâhmanes et les bhaktas.
Maître de tous les
pouvoirs yogiques et Précepteur de l’univers entier, Tu es Dieu, le
Tout-puissant.
Je t’offre mon
respectueux hommage. »
Bhîshmadêva :
- « Que désormais penser, sentir et vouloir,
que depuis si
longtemps absorbaient en moi mille questions quant aux devoirs liés à mon
occupation,
se portent vers le
Tout-puissant Srî Krishna,
lui qui connaît
toujours plénitude et satisfaction.
Cependant, parfois,
Il éprouve, parce qu’Il lui tient à cœur de guider Ses dévots,
un plaisir sublime à
descendre dans l’univers matériel, ce mon qu’Il a pourtant Lui-même créé.
Srî Krishna, l’Ami
intime du victorieux Arjuna, est paru sur cette terre dans Son corps spirituel
et absolu, du bleu de l’arbre Tamâla
et qui fascine les
habitants des trois mondes.
Puisse-t-Il, Lui vêtu
de robes jaunes scintillantes,
Lui au visage
pareil-au-lotus, qu’orne des dessins faits de pulpe de santal, être l’objet de
mon attachement ;
Et puissé-je ne plus
connaître d’inspirations matérielles.
Sur le champ de
bataille, la poussière soulevée par les sabots des chevaux avait cendré la
chevelure éparse de Krishna,
et Ses grands efforts
couvraient Son visage de perles de sueur.
Ces ornements
nouveaux, à l’éclat rehaussé par les blessures de mes flèches aigues, Lui
procuraient grande joie.
Que mon mental se
porte vers Lui, vers Srî Krishna !
Pour obéir à l’ordre
de Son ami,
Srî Krishna pénétra
au cœur du champ de bataille de Kurukshetra, entre les guerriers d’Arjuna et
ceux de Duryodhana ;
Là, de la seule
miséricorde de Son regard, il fit, les désignant à Arjuna, que s’amenuise la
durée d’existence des combattants adverses.
Puisse mon mental se
fxier sur Lui, sur Srî Krishna !
Quant à voir les
chefs militaires et les combattants prêts à s’affronter sur le champ de
bataille, Arjuna sembla égaré, son intelligence confondue,
le seigneur
bienheureux dissipa son trouble en lui livrant le savoir spirituel.
Puissent Ses pieds
pareils-au-lotus faire à jamais l’objet de mon attachement !
Brisant Sa promesse
pour mettre en valeur ma propre parole,
Il descendit du char,
en saisit une des roues et
Se précipita vivement
vers moi, tout comme un lion attaque à mort un éléphant.
Dans Sa hâte, Il
laissa même choir au sol Son vêtement de dessus.
Mon tout-puissant agresseur
fondit droit sur moi, montrant une grande colère,
comme si les
blessures infligées à Son corps par mes flèches acérées L’avaient mis en
rage ;
son bouclier était
tombé, Son corps était couvert de sang.
Puisse-t-Il, Srî
Krishna, Dieu, la Personne suprême, Lui qui aux autres accorde la libération,
être ma destinée
ultime !
Qu’à l’instant de la
mort, mon attachement ultime soit pour Srî Krishna, Dieu, la Personne suprême,
Lui le conducteur du
char d’Arjuna,
Lui qui, splendide,
les rênes dans Sa main gauche et un fouet dans l’autre, veillait avec grand
soin à parfaitement protéger Son équipage.
Tous ceux qui sur le
champ de bataille de Kurukshetra moururent après L’avoir vu retrouvèrent leur
forme originelle !
Que mon regard se
fixe sur Lui, Srî Krishna, dont les sourires, les gestes et les regards
profondément affectueux captivent les gopis de Vraja-dhâma ;
Si bien qu’elles, à
qui l’extase avait réellement fait perdre la raison, se mirent à imiter Ses
gestes propres.
Lors du
râjasûya-yajna accompli par Mahârâja Yudhishthira,
et où s’étaient
rassemblés tous les rois, érudits et sages – l’élite de l’univers -,
Srî Krishna reçut
l’adoration de tous et tant que l’Être suprême, Dieu.
Tout cela, j’en garde
le précieux souvenir pour que s’absorbe en le Seigneur ma pensée.
Maintenant,
transcendant toute erreur dualiste concernant la présence du Seigneur, Srî
Krishna, dans le cœur de chaque être,
même de ceux qui
s’adonnent à la spéculation intellectuelle,
puissé-je m’absorber
en parfaite méditation sur Lui, comme étant présent devant moi.
De fait, s’Il
apparaît dans le cœur des divers êtres créés,
c’est comme le
soleil, qui, perçu en des lieux multiples,
demeure
unique. »
Parikchit :
- « Ah ! Je suis en ce jour le plus heureux des princes,
puisque ma conduite a
pu m’attirer la bienveillance des plus illustres personnages !
Ne sait-on pas qu’une
famille de Râdjas coupable d’une faute est repoussée bien plus loin encore
que l’eau où le
brâhmane s’est lavé les pieds ?
Oui, c’est Celui qui
dispose de la forme supérieure et inférieure de l’existence, qui,
pour me détacher, moi
pécheur, des occupations auxquelles j’étais sans cesse livré,
et pour faire naître
en moi l’indifférence, s’est montré à moi sous la forme de la malédiction d’un
brâhmane,
malédiction où
l’homme attaché au monde trouve bien vite un sujet de terreur.
Puissé-je être
accueilli par les brâhmanes et par la divine Gaggâ,
moi qui cherche un
asile auprès d’eux, et qui fixe ma pensée sur l’Être suprême.
Puissé-je être mordu
par le faux serpent qu’envoie le brâhmane !
Vous, chantez les hymnes à Vichnou !
Puissé-je éprouver
sans cesse de l’amour pour Bhagavat, l’Être infini !
Puissé-je désirer la
société des sages magnanimes qui cherchent un asile auprès de Lui !
A Quelque naissance
que je sois soumis pour l’avenir, puissé-je obtenir leur amitié !
Adoration en tous
lieux aux brâhmanes !
O vous tous qui êtes
réunis ici de toutes parts, vous qui êtes semblables aux Vêdas qui existent
sous une forme réelle par-delà les trois mondes,
je ne vois en ce
moment, dans ce monde ou dans l’autre,
que l’action d’une
cause unique, la bienveillance pour les autres qui constitue votre
caractère !
Ah ! Le
misérable guerrier est en ce jour digne des respects des hommes vertueux,
puisque par ta miséricorde, ô brâhmane,
il est devenu comme
le lieu de pèlerinage où tu t’es présenté sous l’apparence d’un hôte !
Si les hommes n’ont
qu’à se souvenir de toi pour purifier à l’instant même leur demeure,
que sera-ce de celui
qui peut te voir, te toucher, te laver les pieds et te rendre d’autres
services ?
Ta seule présence, ô
grand Yôgin, fait disparaître en un instant les plus grands crimes dont les
hommes puissent se rendre coupables,
tout de même que
celle de Vichnou anéantit les ennemis des suras.
Ne me témoigne-t-il
pas aussi sa bienveillance, Bhagavat, Krishna, l’Ami des enfants de Pândou,
qui, pour satisfaire
les fils de mon bisaïeul paternel, est devenu mon parent, en prenant place dans
leur famille ?
Sans lui, comment
aurions-nous pu, nous qui avons la ferme volonté de mourir, jouir de ta
présence, ô Toi dont la marche est inconnue,
Toi le sage le plus
accompli, et le plus digne qu’on lui adresse des questions ?
C’est pourquoi je
demande au Précepteur des Yôgins la perfection absolue ;
Je lui demande de
connaître complétement les obligations qui sont imposées en ce monde à l’homme
qui veut mourir.
Dis-moi, Seigneur
bienheureux, ce qu’il faut que les hommes écoutent et répètent en eux-mêmes, ce
qu’il faut qu’ils fassent, ce qu’il doivent se rappeler et adorer ;
Dis-moi ce qui leur
est interdit.
Certes, bienheureux
brâhmane, on ne te voit nulle part t’arrêter dans les demeures des maîtres de
maison, pas même le peu de temps que l’on met à traire une vache. »
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